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PARIS, ZENITH 1996 (MCM, LE MAG, 21 Février 1996)
Hello Beck, welcome to France.
Thank You
On a attendu deux ans depuis le dernier album...
Oui, deux ans... cest bien dêtre ici. Merci pour le bienvenue.
Vous pouvez présenter ce tout nouvel album ? Pour le dernier, la critique a été très bonne avec vous. Cela a été très bien accueilli dans le monde entier, alors pouvez vous nous en dire un peu plus concernant ce nouvel album ?
Eh bien cest un mélange de ... je ne sais pas comment vous lappelleriez. On peux lappeler de plusieurs façons différentes, en ce moment jappelle ça du Honky-Tonk-Hindou-Gulf-Salsa (rires). Cest le meilleur terme que jai trouvé.
Plus précisément, vous jouez plusieurs styles de musique, est-ce quil y a un style que vous préférez jouer comparé aux autres ?
Le style que je prèfere jouer ?
Oui, lequel préférez-vous jouer ?
Eh bien, jai commencé la musique en jouant du Folk, de la musique traditionnelle, du Country ,Blues. Voilà la musique sur laquelle je me base pour faire ce que je fais. Et puis je me perd un peu, je vais à la boutique acheter du lait et des ufs, et je reviens avec des mets délicats, on essaie de pas le gaspiller...
La dernière fois que vous êtes venu en France, vous jouiez avec un groupe, avec les Foo Fighters, vous avez joué après eux. Ce soir, vous jouez en solo, vous préférez jouer seul ou avec un groupe, ou cest pareil pour vous ?
Eh bien, en fait en ce moment je nai pas de groupe, je dois me débrouiller tout seul. La dernière fois, dans le dernier groupe que jai eu, ils ont tous rejoints dautres groupes, il y a eu une mutinerie a bord, tout le monde a fuit, ils ont tous grimpés dans les canots de sauvetages et ont rejoint des îles différentes. Alors maintenant, je dirige le bateau tout seul, jespère que les voiles ne vont pas sécrouler, que lon aura toujours le vent en poupe. Il devrait y avoir un nouveau groupe... ca dure une année, ils jouent un an, et ils sont diplômés ! Cest un peu comme lécole élémentaire jusquà la fac.
Alors je tiens à rappeler que Beck a un style de musique totalement indéfinissable, cest un mélange country, folk, bidouillages et de hip-hop même , où il y a pas mal de samples, de soul, et des textes assez acerbes envers lui-même et envers la société américaine. Sur scène vous êtes le seul qui puisse jouer du banjo de la guitare folk, seul en acoustique, est-ce que vous avez une préférence sur scène ? Comment vous sentez-vous le plus proche de votre musique et du public ? Vous préférez jouer avec un groupe ou en solo ?
Les deux sont complètement différents. Quand je joue en acoustique, il ny a que moi, alors je peux prendre la direction que je veux, ou bien nen prendre aucune, ça na pas dimportance. Avec un groupe on ne peux pas, on est tous liés ensemble. Cest comme si quelquun nous avez attaché ensemble et quon ait essayé de courir. Cest plus au petit bonheur, tes mains sont liées. Seul, on est plus libre, tu peux être très bon ou très mauvais. Ca dépend, tu peux te raccrocher à rien.
Vous avez signé sur David Geffen Company (DGC), mais vous continuez de sortir des disques sur des labels indépendants. Allez vous continuer de sortir des albums sur des labels indépendants, avez-vous toujours la même liberté ?
Ce nouvel album a plus de rythme, de hip-hop, il ne représente pas tellement la musique acoustique. Alors, je vais faire un autre album, comme ça, il sortira peut-être plus tard dans lannée. Je me suis concentré sur celui-là entre les tournées. A la fin de lannée, jespère... Jai plein de chansons en plus qui ne figurent pas sur cet album. Cest lalbum avec la boite à rythme. On va mettre cette boite à rythme au placard, pour une petite « siesta » et on va laisser le robot-batteur se reposer sur ce prochain disque.
Vous avez écrit une chanson qui dit « MTV makes me want to smoke Crack », quavez-vous contre MTV ?
En fait, cette chanson, cétait pour expliquer... cétait plus une réaction face aux années 80, ce nétait pas directement dirigé contre MTV. Mais plus contre les années 80, je lai écrite quand les années 80 sachevaient et disparaissaient, cétait.... je sais pas comment vous diriez...pour menlever un mauvais goût de la bouche. Dun autre coté, quand vous regardez ces images qui défilent à toute vitesse, ils rassemblent tout et nimporte quoi...tu vas dici à là, tu ne sais plus où tu es... cest un peu comme si tu fumais du crack.
Quand vous regardez en arrière, vos anciens disques, que pensez-vous des trois disques que vous avez fait ?
Je ne sais pas, je ny pense pas trop. Jai écouté Mellow Gold pour la première fois lété dernier, avant ça je ne lavais pas écouté depuis que je lavais fait. Je lai aimé. Je ne pensais pas que je laimerais, ça me prend dhabitude plusieurs années pour me décider, mais je nai pas écouté les autres disques, alors je ne suis pas sur de mon opinion. Je ne mécoute pas souvent.
Quel genre de public avez-vous aux Etats-Unis ?
Cest différent à chaque fois. Pour la dernière tournée que jy ai faite, cétait en plein air, alors je ne pourrais pas dire qui était la pour quoi, qui était là pour acheter des perles, pour acheter des autocollants, ou pour écouter la musique, jen sais rien.
Y a-t-il des artistes ou des groupes spécifiques dont vous vous sentez proche en ce moment ?
Ouais, jai des amis... ceux qui vont dans des directions similaires. Il y a un groupe qui sappelle DOO RAG, cest le groupe de Bob Log, ils jouent un style de Delta Blues en carton (sourire) et puis il y a le Blues Explosion avec qui jai fait beaucoup denregistrements il y a un an. On a un projet, je sais pas sil sortira un jour, on doit encore travailler dessus. Il y a une chanson sur ce disque « Diskobox », que jai faite avec Hermann. Quand jétais plus jeune, Pussy Galore, le vieux groupe de John Spencer, a eu une grande influence sur moi. Voilà une partie de mes projets. Jécoute beaucoup de musiques plus vieilles, je suis quelque part entre BOYS TWO MEN et DOO RAG ! Voici les deux extrêmes entre lesquels je nage.
Lorsque Loser, le premier single de lalbum est sortit, la presse était vraiment unanime, il incarnait vraiment lair frais des nineties, alors est-ce que vous avez reçu beaucoup de propositions dautres artistes pour la production de leur propre disque ?
(sur un ton ironique) Cest du pur années 90, on ne vend pas de choses vieilles et usées des décennies précédentes. 100% garantie, tout droit sorti des années 90, ni plus ni moins. (sourire)
Vous avez reçu des propositions dartistes qui voulez que vous les produisiez ? De grands artistes ?
Euh, ouais, un seul. Cétait Gene Simmons, de KISS, qui voulait que je laide à faire son disque, mais jétais occupé à travailler sur le mien, je nai même pas eu à lui parler, cest le seul qui me vienne en tête...
Alors quest-ce qui vous excite le plus dans la scène hip-hop, parce que les samples hip-hop sont très présent...
Je vois quau début, en jouant seulement du vieux Folk, du Blues, beaucoup de choses traditionnelles, le hip-hop semblait être lautre extrême. Dun autre coté, cet extrême paraît tellement loin... Et dun autre coté il y a du Blues parlant, beaucoup de rythme, et dairs hip-hop venant de ce genre de musique. Cela paraît assez dingue, mais dun autre coté cétait assez naturel... En fait, cétait surtout un accident, mais... jai joué du Blues parlant avant de faire ce nouveau truc.
Dans une interview, vous disiez que le sampleur était un ami fidèle, alors est-ce que vous avez toujours la même relation avec cet outil ? Dailleurs vous avez samplé Dr John pour Loser...
Cest une longue histoire en fait. On a samplé le rythme de la batterie et le type avec qui jai fait la chanson a noté un mauvais rythme, en fait on a pas vraiment samplé la batterie de Dr John, cétait quelque chose dautre. Mais on a payé Dr John, et une autre personne est venu est nous a dit, « eh, vous navez pas payé », alors on a payé aussi, donc je ne suis pas sûr doù vient la batterie, mais cest Dr John qui est crédité, malgré le fait quil nai rien fait sur cette chanson.
Comment se fait-il que vous ayez choisi Dr John à la base de cette chanson ?
Non, cest pas de Dr John, il est juste crédité, cest un malentendu...
Une erreur ?
Ouais, une erreur.
Pour changer de sujet, quest-ce que vous faîtes quand vous ne jouez pas, pour vous amuser ?
Pour mamuser ?
Oui, que faites vous pour ça ?
Je me penche en arrière, je ferme les yeux, et je me réveille cinq heures plus tard. (sourire)
Est-ce que vous avez une manière spéciale décrire des chansons, comment travaillez-vous en studio ?
(Mangeant un Kinder Surprise !) Eh bien, jouvre un Kinder Surprise, ou pas loin ...
Jimagine que vous allez jouer de nouvelles chansons sur scène ce soir...
Eh bien, il y a dans le nouvel album un robot-batteur et on a pas pu le mettre dans lavion, il a du rester à la maison, il ny a quune ou deux chansons que je pourrais jouer à la guitare.
La dernière fois, quand vous avez joué après les Foo Fighters, à Paris, vous avez fait deux versions de Loser, une fois avec une personne du public...
Je vais peut-être faire une des nouvelles chansons comme ça, mais il faut que je vois sil y a de bons bruiteurs, ici, à Paris. Voir la qualité des boites à rythme ici...
Quelles sont vos relations avec le musique business, est-ce que vous avez de bonnes relations ou est-ce que vous sentez la pression ?
Je ramasse les provisions, et eux, ils les préparent, parfois on se rencontre quelque part, pour bavarder. Voilà...
Bon, ben je crois quon va se quitter sur ces paroles. Merci Beck.
Oh, merci.
Merci de nous avoir accordé une interview.
(Beck parlant pendant que les 2 journalistes concluent) M to the C to the M... to the E to the E to the K...