
PARIS, ZENITH 1996
(M6, Musique Express, Février 1996)
Je ne suis pas vraiment Beck. Voyez, c’est là tout le mystère, le vrai est dans sa bananeraie, sur
la colline.
(jonglant avec des bananes) La banane est un chouette exemple des bienfaits de la nature.
On pourrait dire que c’est un fruit phallique, mais il a aussi une jolie couleur ensoleillée... je sais pas,
la banane tiens bien en main. On peux l’agripper et la pointer.
Laurence Romance : On peux faire de la musique avec ?
Non, trop mou.
Laurence Romance : C’est pas un joli son ?
Trop mou, ouais.
J’ai commencé en solo, jouer avec un groupe est un luxe récent. Avant, il fallait que je m’appuie
le show entier tout seul. Donc, là, le reviens à mon truc d’origine, en jouant plus de Folk et de Blues.
(épluchant une banane) Il n’y avait rien de planifié à l’avance pour ce nouvel album, aucune ambition
particulière. Il s’agissait plus d’aller en studio et de défaire les bagages, ouvrir les valises, les
vider et voir ce qu’il y a dedans. Je ne sais pas qui fait les valises, je me contente juste de les vider.
Il ya beaucoup d’expérimentations sur le nouvel album, j’ai eu plus de temps. La dernière fois qu’on
a enregistré chez mon pote Carl (Stephenson) il fallait finir les chansons avant le retour de sa copine,
vu qu’elle avait préparée le dîner et que je faisais mes voix dans la cuisine. Je devais céder ma place au
bouillon... Cette fois-ci pas de cuisine, on a tout installé dans la salle de jeux, sympa et tranquille
(sourire). On pouvait y passer des heures entières à bidouiller et à casser des trucs (sourire).